Les guerres antiques au Musée de la Bible. Une lecture historique
9 Mars 2026
Le Bible Lands Museum de Jérusalem a inauguré, le 19 février, une exposition intitulée « Le sixième jour après la guerre », une expression empruntée à un ouvrage d’un auteur tchèque qui symbolise le retour à la routine et à la normalité après une période de conflit. L’exposition propose un regard sur la guerre dans l’Antiquité à travers différentes sources historiques.
Dr YIGAL BLOCH
Commissaire de l’exposition
«L’exposition se compose de trois sections principales, chacune visant non seulement à raconter une histoire historique ou littéraire, mais aussi à la relier à une question plus large. Par exemple, la première section de l’exposition, consacrée à la bataille de Qadesh, aborde la question de ce qui constitue une victoire et de qui la détermine.»
Les sculptures égyptiennes évoquent la victoire du pharaon égyptien Ramsès II sur les Hittites lors de la bataille de Qadesh, au XIIIᵉ siècle avant J.-C., dans l’actuelle Qadesh, en Syrie. Les documents hittites révèlent toutefois une réalité différente.
Dr YIGAL BLOCH
Commissaire de l’exposition
«Ces documents précisent que, s’il y eut un vainqueur dans la bataille de Qadesh, ce furent les Hittites, car après la bataille l’armée hittite réussit à atteindre la région de Damas, située au sud de Qadesh.»
La deuxième section de l’exposition aborde la politique d’exil menée par les rois assyriens à travers une inscription provenant du palais de Sennachérib, roi d’Assyrie. L’œuvre représente quatre prisonniers, peut-être originaires du royaume de Juda, dans une attitude suppliante, avec un soldat assyrien marchant derrière eux.
Dr YIGAL BLOCH
Commissaire de l’exposition
«La question est la suivante : que s’est-il passé durant la campagne de Sennachérib ? Le roi Ézéchias s’est-il rebellé contre Sennachérib en s’alliant avec d’autres rois ? La Bible ne fait mention d’aucun autre roi.»
On remarque que cette inscription est passée de main en main avant d’atteindre le musée de Jérusalem, comme pour refléter l’histoire de l’exil des prisonniers qu’elle raconte. L’exposition se concentre ensuite sur la guerre de Troie.
Dr YIGAL BLOCH
Commissaire de l’exposition
«Selon la tradition grecque, cette guerre est presque mythique, car les dieux y jouent un rôle important.»
Le récit constitue ici une source culturelle offrant une perception différente de la guerre : il montre la manière dont une société se raconte à elle-même l’histoire d’un conflit. La guerre fit de nombreuses victimes des deux côtés, et chacun pleura amèrement la perte douloureuse et la dévastation qu’elle engendra. Ce point est également souligné dans cette section.
Pax Romana : la dernière section de l’exposition est consacrée à la paix romaine.
Dr YIGAL BLOCH
Commissaire de l’exposition
«Dans le monde romain, on trouve aussi des symboles de paix. Le rameau d’olivier était associé à la déesse romaine de la paix, Pax. La colombe, dans l’Antiquité, était le symbole de diverses divinités de l’amour. Grâce à cette image et au récit biblique du déluge et de Noé, dans lequel il envoya une colombe qui revint avec un rameau d’olivier, la colombe portant un rameau d’olivier est devenue, à partir du IIᵉ siècle après J.-C., un symbole de paix dans le monde chrétien.»
Un autre symbole de paix est associé au dieu grec Hermès : un bâton ailé avec deux serpents enroulés autour. Cette image rappelle le bâton de Moïse et le serpent d’airain comme symboles de guérison.
Cette section comprend également une épée brisée ou pliée, qui rappelle la prophétie d’Isaïe : « Ils forgeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en faucilles » (Isaïe 2,4), bien que la signification soit différente.
Dr YIGAL BLOCH
Commissaire de l’exposition
«Ces épées reflètent une pratique qui existait aussi bien en Canaan qu’en Grèce au deuxième millénaire avant J.-C., selon laquelle, lorsqu’un guerrier mourait, ses armes étaient déposées avec lui dans la tombe, parfois même pliées.»
Après la signature du traité de paix entre les deux pays, Israël a offert à l’Égypte une réplique de l’une de ces épées, portant une inscription datant de 3 300 ans : « Cette épée est repliée afin qu’elle ne soit pas utilisée pour la guerre. »
Dr YIGAL BLOCH
Commissaire de l’exposition
«Nous sommes confrontés à des problèmes que les gens affrontaient déjà il y a trois mille ans : des mouvements de population à grande échelle et des vagues migratoires, qu’il ne faut pas comprendre littéralement comme des expulsions, mais plutôt comme des flux migratoires. Et bien sûr, il y a aussi la question du deuil. À la fin, toute guerre se détache de ses causes : des personnes sont tuées des deux côtés, et il ne reste que la douleur pour les morts et l’espoir que, finalement, la paix l’emporte.»
Source: Site Web Christian Media Center
Photo: © Christian Media Center
Video: © Christian Media Center
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